En Alsace avec Miss Carpe frite

 24e étape de ce tour de France : Munnchouse en Alsace.

A Munchhouse, près de Mulhouse, on célèbre chaque année l’élection de Miss Carpe frite. Entrez dans la danse d’une grande fête populaire et d’une spécialité culinaire locale.

Malgré la crise qui ne l’a pas épargnée, la commune est célèbre pour ses réjouissances annuelles en l’honneur de la carpe frite. Une fois dégorgée à l’eau claire pour lui ôter son goût de vase, découpez-la en filets, cuisez-la dans un mélange de farine, d’huile, de sel et de bière, servez avec des frites puis profitez. Carpe diem. Mais la carpe, ici, n’est pas qu’une recette : c’est un pic, un cap, une péninsule. Et pour mieux la célébrer, tout le pays coche dans son agenda l’élection en août de Miss Carpe frite.

Dès 19 heures, la foule patiente à l’entrée. Les femmes se sont habillées chic. La formule soirée-repas est à 19 euros. Les bénévoles sont une petite armée. A leur tête, souriant et disponible en toutes circonstances, Cyrille Lhuillier, la trentaine, originaire de Colmar, technicien de maintenance pour le boulot et saxo alto pour le plaisir, préside aux destinées de la société musicale Musique Espérance de Munchhouse. 

VIDEO. Revivez l’élection de miss Carpe frite

Les Miss potentielles cachent leur stress derrière leur sourire. Il y a sept prétendantes. L’heureuse élue ne sera pas désignée avant minuit et demie. Les édiles et personnalités locales constituent le jury. Les robes des candidates vibrent de couleurs. L’une est en mariée. Une autre en vestale rouge. Une autre en princesse de tulle bleu vif. Mais au final c’est Marine qui l’emporte dans sa longue et satinée robe noire. Acclamée, l’élue, blonde aux beaux yeux clairs et scintillants comme les étangs magiques d’Alsace, est de Munchhouse. L’année passée, elle a été première dauphine. Invitée à s’asseoir sur une balançoire, elle reçoit son poids en cartons de vin crémant. Le diadème est offert par une bijoutière. En plus de chèques restaurant et de soins esthétiques, elle bénéficiera d’une séance shooting offerte par un jeune studio de vidéo.

 - Cette année, il y avait sept prétendantes au titre. LP/O.L.
 - L’élection de Miss Carpe frite, c’est une fête pour les Alsaciens ! LP/O.L.

A lire en intégralité sur Le Parisien

 

Vieux motard que jamais !

 

A Bantzenheim, petit village d’Alsace, lein gaz vers la Grange à bécanes

Réservez vos spectacles préférésace, un collectionneur de motos anciennes est à l’origine d’un musée hallucinant qui abrite une centaine de bécanes. En selle !

KM 5068 – Plein gaz vers la Grange à bécanes 

La douce vallée de la Hardt, en Alsace, entre frontières allemande et suisse, n’avait pas l’intention de nous laisser filer comme ça. A un vol de cigogne du village de Munchhouse, près de Mulhouse, où nous ont conduits les festivités de Miss Carpe frite (lire notre édition d’hier), elle nous a retenus sur la commune de Bantzenheim dont les façades des maisons voient la vie en couleurs. Trois kilomètres au compteur. Le nom de Bantzenheim sonne un peu comme « Banzaï », la comédie de Claude Zidi.

Dans cette ancienne grange métamorphosée par un architecte du cru, Eric Krummenacher, on regarde dans le rétro : l’établissement se consacre à la moto ancienne. Près de cent modèles en exposition permanente. S’ajoutent, au gré des arrivages de particuliers, des bouquets de cyclomoteurs rangés des voitures qui redessinent l’histoire de la pétrolette.

Huile de coude

 -

Avec ses quatre ans d’existence, l’établissement est encore en rodage, mais sa notoriété monte en puissance. Son initiateur, son âme, son coup de kick, s’appelle Raymond Lemoine, 90 piges au compteur. Un tigre de passion dans le moteur. Raymond possède son propre atelier de rénovation avec tour, fraiseuse et sableuse. Apportez-lui une épave, il fait mieux que la ressusciter, il la transcende. « J’en suis à ma quatrième restauration cette année », se réjouit-il.

Le festival de bécanes est à Bantzenheim et pour le dire franchement, ça ne manque pas de selle.

.A lire en intégralité sur Le Parisien

 

Brocéliande en Alsace

Km 5148. Depuis que nous progressons en Alsace, nous avons une compagne. Elle ne manque pas une occasion de nous envelopper de sa présence, de tendre vers nous ses bras charnus et, la nuit venue, de se glisser avec froissements et soupirs dans notre duvet. Cette femme, c’est la forêt. Elle n’habille pas les paysages, elle les enveloppe.

 
Des kilomètres de chemins de randonnée serpentent au cœur du parc naturel des Ballons des Vosges.
 
La forêt de Taennchel, tellurique, découvre un sentier du Hibou et nous permet de croiser des habitants nourris de légendes druidiques.
 
Quand on s’y enfonce, le long de routes ondulantes, il y a quelque chose de doucement hypnotique. C’est un coup à louper les embranchements. Mais au fond, qu’espérer de mieux quand on a choisi de faire la France buissonnière ? « Connaissez-vous la forêt de Taennchel ? » nous souffle une bonne âme avec des airs mystérieux. Pas du tout, mais prêtons l’oreille. Dans ce genre d’aventure, le GPS est un GPH : grand programme du hasard.

 

Escapades de jeunesse

Au cœur du parc naturel des Ballons des Vosges, les sentiers y sont comme le piment de Cayenne : très relevés. Le tout est servi sur un lit de source vive qui redescend à toute blinde, croisant des pèlerins en quête d’énergie douce. Elle pointe son frais museau à l’entrée du village de Thannenkirch, entre Sélestat et Bergheim. Une fontaine à l’entrée, près d’une Vierge à l’enfant sculptée dans un chêne.

Au pied du sentier des Hiboux, Marie-Hélène et Pascal s’interrogent. Ce couple d’enseignants est breton. Ils sont là à l’occasion du mariage de leur nièce. Amateurs de longues courses, « ce partage dans l’effort », ils s’embarqueraient bien, canne en main et sac au dos, dans ce Taennchel qui leur fait songer à leur chère Brocéliande. Mais ils arrivent déjà du château du Haut-Koenigsbourg, cette flèche allemande du XIIe siècle fichée dans le ciel de l’autre côté du paysage, par-dessus la plaine d’Alsace. Soit deux heures de marche. Or les chemins de crête auxquels ils aspirent leur en réclameront encore au moins deux ou trois. Pour le programme complet, comptez quatre heures trente. L’après-midi est déjà bien avancé et, même si elle s’annonce renouvelable, toute cette énergie les conduira à la nuit. Ils s’interrogent. C’est une sacrée trotte. Voyons : quelle heure est-il exactement ? Ce n’est pas notre montre qui nous le dira. La trotteuse ne fonctionne plus. Elle avançait encore d’un bon pas tout à l’heure. Pas de doute, cette forêt est magnétique.

 Sur le chemin j’ai rencontré : Yvonne, 84 ans, a usé trois camping-cars

 - Sélestat (Bas-Rhin), mercredi. Yvonne Lecouls a passé sa vie de retraitée en camping-car. LP/A.D.

À peine sommes-nous garés rue Poincaré, l’une des artères principales de la jolie ville de Sélestat, qu’une respectable dame s’approche de notre camping-car et l’étudie avec un regard de connaisseuse. Nous engageons la conversation. Elle se nomme Yvonne Lecouls et ne fait pas ses 84 ans. Avec son mari, dont elle est veuve, elle a dirigé une entreprise de transports en autobus à Saint-Affrique, dans l’Aveyron.

Aujourd’hui, elle s’est installée dans le Bas-Rhin, le long de la route des vins, et profite du bonheur de vivre dans une région dont elle égrène les noms des communes — Itterswiller, Barr, Epfig, Obernai… — comme si elle dégustait des grains de raisin.

Huit à neuf mois sur les routes

Mais si Yvonne ausculte avec tant d’intérêt notre maison à roulettes, c’est qu’elle a passé sa vie de retraitée en camping-car. « Nous en avons eu trois, dit-elle. Avec eux, nous avons dû faire le tour du monde. Dans le dernier, nous pouvions ranger une voiture, mais c’était une autre histoire pour trouver une place de parking. »

N’empêche, quand un amateur de camping-car prend la route, il ne s’arrête plus. « Nous passions huit à neuf mois sur roues. L’hiver, nous mettions le cap sur l’Espagne et le Portugal. » 

.A lire en intégralité sur Le Parisien

Meurthe-et-Moselle : aux mille fontaines, m’en allant promener

 

En Meurthe-et-Moselle, le village de Lay-Saint-Christophe, proche de Nancy, collectionne les fontaines. Et s’emploie à leur redonner une richesse touristique.

Km 5287. Toute la nuit sur le parking de Bergheim, ce village du Haut-Rhin si joli, si fleuri, qu’il ressemble à un appartement-témoin de l’Alsace viticole. Au matin, on n’y voit goutte. Le château du Haut-Koenigsbourg s’évapore dans l’humidité. C’est le prélude à une histoire d’eau. En route pour la Lorraine et Nancy, sa patronne. La campagne  s’évertue à ressembler à la mer. Elle y est calme et fluide. Les villages naviguent en solitaire, très éloignés les uns des autres, leurs clochers si bien cachés comme le chante Trenet. On pénètre dans Lay-Saint-Christophe par les ponts de la Seille.

Voies d’eau

Toutes ont leur petit nom. Il y a celle du Prieuré, celle du Point du jour, de Chavenois, du Houchot ou cette autre, majestueuse, de la Samaritaine. On ne peut malheureusement l’admirer qu’en dernière page du bulletin municipal. Les murs d’une propriété privée la dissimulent désormais au public. Nombre de ces fontaines sont ornées d’une tête de lion. Mais les auges ont des margelles fendues. Les « moines », ainsi qu’on désigne les fûts d’où jaillit l’eau, sont mal en point. La ferronnerie et les tuyauteries sont à changer. Le calcaire et les algues ont fait des ravages. D’autant que les plus anciens de ces monuments datent de la fin du XIXe siècle.

 - Les fontaines ont résisté à l’épreuve du temps. LP/O.C.

Cette corne d’abondance mérite de corner plus loin. Depuis quelques mois, le maire et son adjointe ont décidé d’ouvrir les vannes d’une entreprise de rénovation générale. Mais cela coûte des sous. La Fondation du patrimoine a dit banco. Elle aussi juge qu’il est grand temps, pour la prospérité de Lay-Saint-Christophe, que les fontaines redeviennent une eau de vie.

A lire en intégralité sur Le Parisien

 

 

Laisser un commentaire